Les confessions de Nina – 5
Le curé n’en croyait pas ses oreilles. Le récit de Marcel n’avait pas grand chose à voir avec ce que lui avait raconté Nina précédemment. Le seul point commun entre les deux histoires était le fait que la jeune femme avait sucé des hommes dans les pissoirs de l’église. Sur ses motivations, les deux versions différaient plus que largement. Il faudrait bien qu’il tire cette histoire au clair un jour. En attendant, il se laissait bercer par les confidences de l’homme. Celles-ci n’étaient apparemment pas terminées et le prêtre se réjouissait d’écouter la suite des aventures de Nina et Marcel. Il s’était caressé pendant tout le temps qu’avait duré l’épisode dominical et il ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Marcel ne s’en rendait sans doute pas compte, mais il savait naturellement raconter les choses avec un certain brio. Le prêtre tendit les deux oreilles pour entendre la suite de sa confession.
Les confessions de Nina – 1
- Bonjour monsieur le curé !
- Bonjour mon enfant ! Prenez place, je vous prie !
- Monsieur le curé, j’ai vraiment beaucoup à vous confesser aujourd’hui. Depuis la semaine dernière, il m’en est arrivé des choses. J’ai beaucoup à me faire pardonner.
Depuis que je sors avec le Marcel, il faut que j’aille chez le curé au moins toutes les semaines et même parfois plusieurs fois par semaine. Il faut dire que c’est vraiment un très chaud lapin le Marcel. Au début, ça me gênait bien un peu, mais j’ai fini par m’y faire. Après tout, il suffit d’aller voir monsieur le curé pour chercher son absolution quand il le faut et tout va bien.
- Allons, je vous écoute mon enfant. Ce que vous avez à vous faire pardonner n’est pas pire que la semaine dernière tout de même ?
- Pire ? Je ne sais pas si on peut dire ça ! C’est à vous de juger mon père.
- Mais je ne suis pas là pour vous juger mon enfant, racontez-moi, je vous en prie !
Le jeune curé il est sympathique, mais je sais bien, moi, qu’il s’astique le manche pendant que je lui raconte les petites affaires de ma semaine. J’entends le tissu de sa robe qui frotte dans le confessionnal et son souffle court derrière la grille de métal. Tant pis, il faut bien qu’il m’absolve de mes pêchés. Si ça lui fait du bien en plus, après tout, ça ne me regarde pas vraiment.